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Nous avons un devoir de mémoire

René Roux
le « mort vivant »
était présent
à
la
grande réunion historique
des Résistants de Crest


La grande réunion du Comité du Souvenir Français à Crest
Merci de votre aide pour identifier la deuxième personne en partant de la gauche,
ainsi que la date de cette réunion (entre 1989 et 1995)

René Roux, né à Valence, y habitait rue Robinson.
Depuis 1941, les Valentinois qui voyaient passer ce motocycliste déchaîné, le maudissait quelque peu pour sa désinvolture.
Se doutaient-ils qu’il était l’un des membres les plus ardents de la Résistance drômoise ?
Si René Roux traversait ainsi villages, hameaux ou rues de Valence, c’est que cet artisan soudeur, réparateur de machines agricoles,
profession lui servant très utilement de couverture, remplissait un devoir plus que puissant et faisait des liaisons extrêmement dangereuses.
Appartenant au réseau Electre, il parcourait les régions du Vercors, du Diois, de l’Herbasse, se rendant également à Lyon,
où il prenait les ordres à transmettre à divers groupes de Résistance.
Ainsi, le 6 juin 1944, c’est René Roux qui, avec Roger Coursange, vient de Valence à Crest annoncer à Pons que rien ne bouge dans le chef-lieu.
Jusqu’alors, René Roux avait pu passer à travers toutes les mailles des divers filets tendus par les Allemands.
Mais ces derniers n’étaient pas seuls.
Ils avaient, pour les aider, des mouchards français et la Milice.
Le 8 juin 1944, Roux rentrait d’une liaison effectuée pour le compte de Pons :
il revenait du hameau de Combemaure à Grâne, sur son éternelle moto.
Un barrage de miliciens le stoppe à Valence, avenue Victor Hugo, et l’arrête.
Conduit immédiatement au siège de la Milice, à l’école du Palais, et ensuite rue Jonchère, il y subit un long interrogatoire.
Pendant plus de deux heures, des miliciens, parmi lesquels Montagnon, Baumgartner, Biny, s’acharnent sur lui.
Les coups de poings, de pieds, de matraques, de crosses de revolver, fatiguant ces bandits,
ils ont cette idée effarante de brancher un fil électrique sur la magnéto et de le lui attacher aux parties.
Ensuite, ils mettent en route. Las de cet exercice, ils font se tenir le malheureux sur une plaque de tôle rougie au feu.
Roux ne parle toujours pas. Les tortionnaires se fatiguent.
Ils enferment le patient dans un cachot, où ils l’abandonnent pendant deux jours, menottes aux mains derrière le dos,
sans le détacher une seconde, ni lui donner la moindre goutte d’eau, le moindre aliment.
Roux ne parle toujours pas.
Le 10 juin, vers 10 heures, deux tractions avant, occupées par quatre ou cinq miliciens et trois Allemands, emmènent Roux dans la direction de Lyon.
Quinze kilomètres avant, a lieu un premier arrêt pour un bref interrogatoire, accompagné, bien entendu, de toutes sortes de brutalités.
Roux ne parle toujours pas. Les voitures repartent.
Peu avant Saint-Symphorien-d’Ozon, nouvel arrêt.
Un des miliciens dit à Roux : - Descends et viens avec moi !
Le prisonnier s’extrait de la voiture et suit l’homme. Les autres miliciens suivent.
Les Allemands, eux, restent dans la voiture, certains que leurs valets français feraient très bien ce genre de travail.
Une petite carrière. Roux continue de marcher, il attend un ordre.
C’est un coup de revolver qui éclate, suivi de plusieurs autres. Roux s’écroule, atteint de neuf balles.
Une lui a fracturé le bras droit, une l’a atteint à la main, une à l’aine, une autre à l’épaule, quatre dans la tête.
Ce n’était pas assez.
Un des bandits se penche sur lui et lui donne le coup de grâce. La balle lui arrache l’œil gauche.
Ses tortionnaires, le croyant mort, l’abandonnent dans la gravière et se retirent satisfaits de leur travail.
Roux, d’une robustesse peu commune, n’était cependant pas mort.
Une pluie fine se met à tomber. La fraîcheur le ranime.
Il parvient à se traîner jusqu’au bord de la route.
Une femme qui passe entend des râles, elle découvre le moribond, se penche sur lui, mais ne peut que l’encourager à prendre patience.
Elle se précipite chez le docteur Cinelli, également pharmacien de Saint-Symphorien-d’Ozon.
N’écoutant que sa pitié, celui-ci vient chercher le moribond que deux agriculteurs aident à transporter.
Dans la petite pharmacie de ce village, un humble médecin tente de faire reculer la mort.
René Roux est transporté et caché à l’hôpital de Vienne, où les docteurs Chapin, Grandclément, Marghini, aidés d’un personnel dévoué,
réussissent, par des soins remarquables, à l’arracher à la mort.
Quelques jours plus tard, Roux est transporté à l’hôpital Sainte-Anne de Lyon,
à travers les barrages allemands,
car certains soins ne pouvaient lui être donnés qu’en cette ville, par un spécialiste des « gueules cassées »,
qui parvient à lui sauver une partie de sa vision de l’œil droit.
Roux avait reçu neuf balles dans le corps, dont quatre dans la tête, plus le coup de grâce.
Il a l’œil gauche arraché, la mâchoire brisée ; de l’œil droit, seuls quelques dixièmes de vue subsistent.
Cependant, il rentre chez lui le 5 septembre et reprend ses occupations grâce à une vitalité peu commune
et à une incomparable volonté de vivre.
Il remplace sa moto par une 301 Peugeot qu’il baptise « la milicienne » !
Que sont devenus les tortionnaires de Roux ?
Certains ont été arrêtés. Pas un seul n’a été fusillé. Roux a revu ses bourreaux.
L’un à Grenoble, lors de son procès. Montagnon, l’homme qui l’avait le plus torturé, a eu le culot de s’avancer vers lui :
« Monsieur Roux, je vous félicite et je suis heureux de vous serrer la main ».
Roux lui a répondu par un coup de canne, ce qui lui a valu des réprimandes.
Montagnon a été condamné à mort, puis gracié, et sa peine a été commuée en dix ans d’internement.
René Roux est un véritable miraculé :
le journaliste François-Jean Armorin l’avait sur nommé « l’Immortel » !
Marié à Paulette Arnaud, il a eu dix enfants et onze petits-enfants.
L’« Immortel » s’est cependant éteint à l’âge de 87 ans le 31 mai 1996.
Robert SERRE

Assemblée Générale de la 651ème section des Médaillés Miltaires de Crest
Le président Aullen (debout) et à droite Roland Combe qui lui succédera à la présidence de la 651ème section.
Si vous les connaissez, merci de transmettre par mail au musée le ou les noms des trois autres personnes présentes sur la photo de presse de Mr Pinet.
Flyer Poster à télécharger pour affichage.
Ce flyer peut être fourni gratuitement en UHD
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