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Nous avons un devoir de mémoire

Le monument
"
... à la gloire des canonniers
morts en 1851
pour la défense de la ville de Crest "


Soldats du second Empire avec shako
qui est un couvre-chef militaire rigide en forme de cône tronqué avec une visière qui à partir de l’année 1806
est porté par différentes troupes de l'armée française et
notamment en 1851 par les soldats du régiment d'artilleurs qui interviendra à Crest
lors des événements suite au coup d’État de 1851 sur demande du préfet Joseph Antoine Ferlay.

Shako et plaque frontale de shako en cuivre estampé en relief,
découpée en forme de coq gaulois posé sur un globe terrestre avec faisceau de drapeaux, faisceaux de licteurs croisés et poignée de mains.
Quelques semaines après les évènements de l’insurrection du 6,7 et 8 décembre 1851
contre le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte
et en pleine période de répression
avec l’internement dans la tour de Crest
de plusieurs centaines
d’insurgés prisonniers qui sont entassés dans des conditions inhumaines avant leurs jugements,
le maire de Crest, Jean-François Moutier
(1790-1858),
appelle les citoyens crestois à une
“œuvre de patriotisme et de reconnaissance”.
Le conseil municipal décide en 1853
de faire édifier un monument au cimetière
" pour honorer la mémoire des militaires morts
pour la défense de l’ordre lors des évènements néfastes de 1851".
Le maire prend un arrêté qui lance, sic :
une " Souscription en faveur des soldats blessés et des familles de ceux qui ont succombé
dans les journées du 6 et 7 décembre pour la défense de la ville de Crest " .
Il est rajouté :
"Une partie de la souscription servira à élever un monument sur la tombe de ceux qui ont perdu la vie".

En effet lors des évènements de 1851,
envoyée par le préfet Joseph Antoine Ferlay,
une soixantaine d’hommes du 2e Régiment d’Artillerie de Valence, à cheval avec canons et à pied,
puis en renfort 74 nouveaux artilleurs
sont présents à Crest
sur les barricades des quais et au pont
face
aux insurgés.
Dans les diverses échauffourées plusieurs insurgés et
3 artilleurs seront tués :
Jean-Victor Cardinal (brigadier),
Jean-Joseph Combrexelle (canonnier)
et Louis-François Carrier Maréchal des Logis).
Jean-François Moutier (1790-1858), avocat et rentier,
démissionnera de son poste de maire en novembre 1852.
Un comité de Crestois sélectionnés s’efforce de recueillir des souscriptions
" pour l’érection de ce tombeau ".
Sans surprise son successeur,
le maire Esprit Philippe Labretonnière (1795-1869), receveur particulier des finances,
va parachever cette initiative
non pas de célébrer la mémoire des habitants de la région qui ont lutté pour la sauvegarde de la démocratie et des libertés,
mais celle de la mémoire des 3 militaires défenseurs du coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte de 1851.
Environ 250 personnes versent une contribution et le total atteint 2 349,75 F.

Le 11 décembre 1854,
le sous-préfet de Die,
" ...
suivant le vœu du Conseil Municipal de Crest, émet un avis favorable
à faire exécuter par x xxx les travaux relatifs à l’érection d‘un monument
à la mémoire des militaires morts en 1851 ".

Les 3 fûts de canon du monument de 1851 au cimetière de Crest

Le monument de 1854
" A la gloire des canonniers morts en 1851"
avait à l'origine pour inscription :
" Aux trois braves du 2 d’artillerie morts pour la défense de l’ordre "
Ce monument,
trois fûts de canon accolés et dressés à la verticale sur un socle de pierre de section triangulaire,
ne portait donc initialement que les noms des trois soldats morts en 1851.
En 1874 les inscriptions sur les plaques ont été modifiées
par une délibération du Conseil Municipal du 11 juin 1878,
le monument sera dédié :
"Aux Victimes du 2 décembre 1851"

Par une délibération du 11 juin 1878,
signée par le Maire Felix Perrier (1830-1903)
le Conseil Municipal décide de faire remplacer l’inscription
" Aux trios braves du 2 d’artillerie morts pour la défense de l’ordre "
par celle proposée par le jeune conseiller municipal Paul Pons
" Aux victimes du 2 décembre 1851“,
les victimes étant, dans son esprit,
“ les uns de la discipline militaire et les autres de leur dévouement à la Constitution "
et fait ajouter à la liste les noms des insurgés tués dans les combats.





La liste des noms des insurgés tués dans les combats
a été rajoutée au monument en 1874.
Gros plans en 2025 sur le monument
"Aux victimes du 2 décembre 1851"
au cimetière de Crest



Ce dossier thématique a été réalisé
en concertation avec l'historien
Robert Serre
Flyer Poster à télécharger pour affichage.
Ce flyer peut être fourni gratuitement en UHD
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