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Nous avons un devoir de mémoire
Sauvegarde
Conservatoire du Patrimoine Historique


Emile Daumas
Sériciculteur
1879- 1954
Merci à toute la famille Daumas
de nous avoir fait confiance et autorisé à réaliser ce reportage

Pendant la période de l'ère industrielle à Crest le sériciculteur Emile Daumas
avait comme amis proches les familles Souchard qui résidaient
à la maison forte de Chaufonde
située à quelques centaines de mètres de sa magnanerie
et évidemment les ingénieurs Frédéric et Marius Vareilles

Mariage de Pierre-Souchard et d'Antoinette Sabatier à la maison forte de Chaufonde ou Chauffonde vers la croix de Romans à Crest.
Un dossier sera prochainement diffusé sur la famille Souchard qui a marqué de son empreinte
la vie économique agricole dans tout le moyen Val de Drôme,
notamment par les locations de ses locomobiles,
de ses unités de battages à vapeur,
mais aussi en France
avec ses inventions dans le domaine agricole
de la fin du XIXème au début du XXème siècle.
De plus de nombreuses personnes ont aussi connu plus récemment
la figure crestoise Huguette Brunel née Souchard 1930-2022
qui résidait dans la maison forte de Chaufonde.

Navettes et cocons

Tavelle et cocons
La sériciculture
est l'élevage du ver à soie.
La structure dans laquelle on pratique l'élevage des vers à soie
est appelée magnanerie, du nom de "magnan" donné au ver.

En bordure de la RD538 juste à la sortie de Crest, en direction de Chabeuil et Romans
des centaines d'automobilistes passent sans le savoir devant le grand bâtiment de la magnanerie d'Emile Daumas.
Ce bâtiment massif d’une autre époque est composé d’un sous-sol et de 3 niveaux avec un accès par un porche voûté plein cintre qui donne sur une cour intérieure.
Lorsque qu’on se trouve au pied de la magnanerie on ne peut qu’être impressionné par les proportions fonctionnelles massives rectangulaires tout en hauteur.
Cette magnanerie traditionnelle est l’exemple structurel type du passé séricicole de la région avec l’omniprésence du mûrier dans la vallée de la Drôme.
La sériciculture malgré les maladies et les importations massives avec l'ouverture du canal de Suez
a connu son âge d'or à la fin du XIXème siècle, notamment dans notre région.
Après la guerre de 1914-1918, la production se stabilise entre 3 000 et 4 000 tonnes de cocons puis,
à compter de 1924 avec l'arrivée sur la marché de la rayonne, elle continue à décroître jusqu'à 500 tonnes à la veille de la dernière guerre.
Ensuite la production continua à baisser pour ne devenir qu'anecdotique.
En Val de Drôme les dizaines de magnaneries qui étaient un atout économique de première importance avec les moulinages,
ont été depuis presque toutes transformées en chambres d'hôtes.

Le porche d'entrée en pierre plein cintre de la magnanerie d'Emile Daumas

Vue dans la cour de la magnanerie du porche d'entrée plein cintre

Un impressionnat gond en fer forgé démontre que la porte d'entrée dans la cour devait être conséquente

Vue de la partie haute de la façade est de la magnanerie

Le dernier étage de la magnanerie est aux quatre vents

Vue de la partie haute de la façade nord de la magnanerie


La magnanerie se compose d’un niveau avec divers espaces dont celui de l’étouffoir, du dévidage des cocons et de la filature de fils de soie grège,
voire peut être d’un espace d’habitation comme c’est le cas aujourd’hui.
Les niveaux supérieurs sont occupés par des montants supportant des rangées de claies d’élevage de vers à soie.
Aux 4 angles et au centre des deux principaux murs est présent un fourneau qui procure à la fois le chauffage et la ventilation.
Desservi par une rampe d’accès pour charretons existe un sous-sol entièrement voûté.
mais aéré pour l’ouvraison ou pour emmagasiner les feuilles de murier.
Au sud-ouest en sous-sol, hors de l’assise de la magnanerie
mais mitoyen existe une grande citerne à eau voûtée.

Le sous-sol est desservi par une rampe d’accès pour charretons

Sur toute la surface du bâti de la magnanerie existe un sous-sol entièrement voûté
pour emmagasiner les feuilles de murier et avec quelques ouvertures d'aérations pour l’ouvraison.

Partie sud du sous-sol avec des voûtes massives en croisées d’ogives à 4 quartiers
qui assurent une grande stabilité à la structure de la magnanerie.

Bassin avec carreaux de céramique.
Pour nourrir les chenilles on constate la présence de plusieurs structures de bassins
destinées à laver les feuilles de murier à l’eau froide pendant la saison du mûrier de mai à mi-novembre.

Au sud-ouest, hors assise du bâti de la magnanerie se trouve une grande citerne à eau voûtée.
Toutes les opérations des divers stades de la sériciculture demandent beaucoup d’eau,
c’est pour cela qu’une grande citerne voûtée est présente en mitoyenneté du sous-sol.
Cette citerne a la particularité comme nous le voyons sur cette photo de posséder à son extrémité
une trémie certainement destinée à un système mécanique de puisement et d’élévation de l’eau.
Entrons dans la magnanerie
qui est fermée depuis des décennies

La porte d'entrée de la magnanerie
n'a pas été ouverte depuis de nombreuses décennies, le lierre en a pris possession ...
Le linteau en pierre mollassique comporte un triangle de décharge en bois et en pierres.

Face à nous un escalier
dont les pierres taillées portent les traces d'une forte usure de passages.
Pour progresser dans la montée de l'escalier il est nécessaire d'enlever les nombreuses toiles d'araignées.

On ne peut que rester pantois devant ces marches d'escalier en pierres taillées de grès calcaire d'une autre époque.

Le noir de fumée est omniprésent ...

Le premier niveau comporte plusieurs salles

Claies d'élevages où sont déposés les vers pendant les 32 jours de leur d'alimentation.

Claies d'élevages où sont déposés les vers

- Photo d'illustration -
Claies d'élevages où sont déposés les vers.
La durée de l'incubation des graines de ver à soie est en général d'une quinzaine de jours ; l'approche de l'éclosion est annoncée par un changement de coloration de l'œuf qui devient blanchâtre.
L'éclosion dure 3 à 4 jours. Pour enlever les jeunes vers éclos, on place sur les œufs un morceau de tulle sur lequel on dispose des feuilles de mûriers coupées en fines lanières.
Les jeunes larves passent à travers la toile pour manger les feuilles qui, une fois garnies de vers, sont placées sur des claies.
Plus avec Wikipedia

L'accès aux niveaux supérieurs est très dangereux et difficile, il faut avancer avec la plus grande prudence
par rapport
aux planchers
qui sont en très
mauvais état, voire inexistants avec des trous comme nous le voyons en haut de cette photo ...





- Photo d'illustration étagères d'encabanage -

- Photo d'illustration phase d'encabanage -
Vers le 8e jour après la 4e mue, l'appétit des vers diminue et on les voit se déplacer rapidement, leur corps devient jaune ambré. On dit que le ver est mûr.
L'éleveur dispose des rameaux de bruyère en formant une sorte de galerie ou cabane de 50 cm de large et d'une profondeur égale à la largeur de la claie.
La chenille monte dans ces branchages pour procéder à la formation de son cocon.
Le maintien de la température est nécessaire pour que le ver puisse d'abord faire son cocon, puis se transformer en chrysalide.
Plus avec Wikipedia

Aux 4 angles et au centre des deux principaux murs est présent un fourneau qui procure à la fois le chauffage entre 22 et 24°.
De plus les vers redoutent beaucoup les variations brusques de température.

Les emplacements des fourneaux et leurs cheminées sont présents en grand nombre

Sous la charpente de la partie haute de la magnanerie nous voyons
qu'un raccord de gaine de cheminée a été bâti à l'emplacement d'un fourneau.
La lumière est indispensable aux vers à soie, qui vivent normalement en plein air.
En revanche, il est indispensable d'éviter les rayons directs du soleil.
Dans les locaux d'élevage l'air est rapidement vicié par la respiration des vers et se trouve de plus pollué par la fermentation des litières.
Un renouvellement fréquent de l'air est une nécessité absolue.
Une ventilation énergique est plus particulièrement indispensable quand le temps est orageux et que l'air reste stagnant dans la magnanerie
d'où la présence de nombreuses ouvertures de fenêtres, sans fenêtre, mais avec des volets.


La fée électricité sera présente
à la magnanerie vers les années 1900

Paire d'isolateurs électriques en verre trempé présents sur la façade de la magnanerie

Isolateurs passes câbles électriques en porcelaine présents à la magnanerie

Gros plan sur un isolateur passe câble électrique en porcelaine présent à la magnanerie

Flyer poster à télécharger pour affichage.
Ce flyer peut être fourni gratuitement en UHD
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Ce dossier n'est pas figé dans le temps.
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- Photos d'illustrations -

Le filage

Fileuse et tavelles

Photos pièces du patrimoine historique du
fonds du Musée de Crest et du Val de Drôme






Photos pièces du patrimoine historique du
fonds du Musée de Crest et du Val de Drôme

Pièce rarissime du patrimoine historique crestois sauvegardée et restaurée

Jean-Louis Granjon du Musée des Berthalais et Serge Sargentini coordinateur du Musée de Crest

Prise de vue très rare des pales à l'intérieur de la turbine hydroélectrique Francis sauvegardée et restaurée du moulinage d'Emile Rey.
Pour réaliser cette prise de vue il est nécessaire de rentrer carrément dans la partie appelée sortie de l'aspirateur de la turbine !

Jean-Louis Granjon du Musée des Berthalais et Serge Sargentini coordinateur du Musée de Crest
dans la chambre haute de la turbine du moulinage d'Emile Rey.

Jean-Louis Granjon, Claude Grangeon, Béatrie Rey, Frédéric Fontayne et Bruno Lecomte
















Jean-Louis Granjon, Serge Sargentini et Bruno Lecomte des anciens établissements Dumont




En cours d'instruction
avec les
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